Œuvre

La Bandera (1931)

Fernando Lucas savait accepter tous les risques dont il avait, depuis longtemps, évalué la quantité et la qualité.
Il donnait des explications en s'entourant de gestes excessifs.
J'ai deux bonnes heures pour satisfaire aux exigences de ma profession.
Il connaissait par expérience la prodigieuse crédulité de ces hommes habiles à ruser, à se défendre et souvent à attaquer.
Les complications se dénoueraient d'elles-mêmes au fil des heures.
Les femmes revenaient de la messe. Elles étaient vêtues de robes légères et fleuries.
A cette heure, elles jouaient au tennis, quelque part à Ceuta, avant le repas du soir, à la fraîche.
Tout en se frottant les dents avec un petit morceau de bois pour les rendre blanches et plus brillantes que la lune.
Les hommes rompirent les faisceaux, s'alignèrent et manoeuvrèrent les fusils.
Un soldat ouvrit la porte des soues et une centaine de petits gorets ronchonneurs et goguenards se précipita vers l'eau claire.