Œuvre

L'Ile mystérieuse (1873-1875)

Un banc à l'arrière, un second banc au milieu, pour maintenir l'écartement, un troisième banc à l'avant, un plat-bord pour soutenir les tolets de deux avirons, une godille pour gouverner, complétaient cette embarcation.
Les colons furent conviés à ce travail, et les deux barrages, qui, d'ailleurs, n'excédaient pas sept à huit pieds en largeur sur trois de hauteur, furent dressés rapidement au moyen de quartiers de roches bien cimentés.
Satanée bête que je suis! s'écria-t-il. Pauvre Ayrton! il a pourtant droit de parler ici autant que qui que ce soit!...
Mais, par leurs aboiements, ces renards, gris roussâtres de pelage, à queues noires que terminait une bouffette blanche, avaient décelé leur origine.
Ce puits avait-il d'autres branchements que la communication verticale avec la mer? Se ramifiait-il vers d'autres portions de l'île?
Se guider au milieu de ces massifs d'arbres, sans aucun chemin frayé, était chose assez difficile. Aussi, le marin, de temps en temps, jalonnait-il sa route en faisant quelques brisées qui devaient être aisément reconnaissables.
Mais le brouillard ne devait pas tarder à se lever. Ce n'était qu'une brumaille de beau temps. Un bon soleil en chauffait les couches supérieures, et cette chaleur se tamisait jusqu'à la surface de l'îlot.
Mais un marin n'est jamais embarrassé, quand il s'agit de câbles ou de cordages, et Pencroff tressa rapidement une corde longue de plusieurs brasses au moyen de lianes sèches.
Tous revinrent auprès de la caisse qui mesurait cinq pieds de long sur trois de large. Elle était en bois de chêne, très soigneusement fermée.
A mesure que les plantes potagères s'étaient multipliées, il avait fallu agrandir les simples carrés.
Le Duncan resta à croiser sur cette côte jusqu'au 3 mars. Ce jour-là, Ayrton entendit des détonations. C'était les caronades du Duncan qui faisaient feu.
Les animaux qui fréquentaient ces hauteurs - et les traces ne manquaient pas - devaient nécessairement appartenir à ces races, au pied sûr et à l'échine souple, des chamois ou des isards.
Mais au milieu de ce chasse-neige, aussi terrible que s'il se fût produit sur quelque contrée polaire, ni Cyrus Smith, ni ses compagnons ne purent, malgré leur envie, s'aventurer au-dehors.
Quant à la cheminée volcanique qui établissait la communication entre les couches souterraines et le cratère, on ne pouvait en estimer la profondeur.
A cinq heures du matin, l'ancre fut levée. Pencroff prit un ris dans sa grande voile et mit le cap à l'est-nord-est, de manière à cingler directement vers l'île Lincoln.
En 1857, la grande révolte des cipayes éclata. Le prince Dakkar en fût l'âme. Il organisa l'immense soulèvement.
Il était évident que les colons finiraient par réintégrer leur domicile et en chasser les intrus, mais quand et comment? voilà ce qu'ils n'auraient pu dire.
Très instruit, très pratique, «très débrouillard» pour employer un mot de la langue militaire française, c'était un tempérament superbe.
Top, dont la portion avait été fort congrue, saurait bien trouver quelque nouveau gibier sous le couvert des taillis.
La construction de ce coral ne demanda pas moins de trois semaines, car, outre les travaux de palissade, Cyrus Smith éleva de vastes hangars en planches, sous lequels les ruminants pourraient se réfugier.
Mais quand il se fut agi de coudre, il n'eut pas son égal. Personne n'ignore, en effet, que les marins ont une aptitude remarquable pour le métier de couturière.
Les colons se trouvaient alors à l'échancrure d'une petite crique sans importance, qui n'eût même pas pu contenir deux ou trois barques de pêche.
Le volcan, découronné, n'était plus reconnaissable. Une sorte de table rase le terminait et remplaçait l'ancien cratère.
Les colons s'employèrent à réparer le désordre causé par les intrus, - désordre et non dégât, car s'ils avaient boulversé le mobilier des chambres, du moins n'avaient-ils rien brisé.
Regarde bien, Nab, et si tu trouves une dent creuse dans ce ratelier-là, je te permets de lui en arracher une demi-douzaine!