Œuvre
L'Homme expliqué aux femmes (2010)
Résister, tenir bon, défier un implacable destin, une situation intenable ou des salauds visqueux, se tenir droit comme un I quand flanchent les échines : la voilà, la puissance !
Le bonheur le plus entier est celui que l'on ne poursuit pas, car il palpite en nous-mêmes, compose notre puissance.
La galanterie est le repos de l'amazone, et elle lui offre l'occasion d'exercer sa puissance.
L'absence de galanterie réduit le masculin à la faculté d'intimider et à la lourdeur.
Ceux qui ont inventé le misogyne ont eu la prétention d'évacuer le féminin, ils n'ont réussi qu'à compliquer bizarrement le masculin ou à le mutiler.
On atomise les salariés, on les badge, on les manage, on délocalise, on restructure, et finalement on les coupe de leur puissance propre.
La performance narcissique est une ambition d'image, une compensation de l'impuissance réelle à laquelle nous voue notre travail aliénant.
Dépourvue d'enjeux humains, la course à la performance et au rendement est justement ce qui nous fait échouer.
La performance met fin au jeu. Elle rend les rapports humains sérieux et les victoires blessantes.
L'iPhone est un iPhallus, un pouvoir d'entrer en contact avec les autres et avec soi-même par télépathie et désincarnation.
Le vrai but de la séduction, c'est de s'exercer comme puissance, comme jeu, et non pas comme pouvoir. Une femme qui danse pour séduire est moins séduisante qu'une femme qui danse pour danser.
Etre un homme, c'est d'abord être un fils. Et trop souvent, c'est recevoir un traitement spécial : une conception du courage masculin totalement viciée.