Œuvre
L'Art d'être grand-père (1877)
- Eh bien moi, je t'irai porter des confitures.
Jeanne était au pain sec dans le cabinet noir, - Pour un crime quelconque, et, manquant au devoir, - J'allai voir la proscrite en pleine forfaiture, - Et lui glissai dans l'ombre un pot de confiture.
Jeanne était au pain sec dans le cabinet noir.
Jeanne était au pain sec dans le cabinet noir, - Pour un crime quelconque, et, manquant au devoir, - J'allais voir la proscrite en pleine forfaiture, - Et lui glissai dans l'ombre un pot de confiture.
Jeanne alors, dans son coin noir - M'a dit tout bas, levant ses yeux si beaux à voir, - Pleins de l'autorité des douces créatures: - - Eh bien, moi, je t'irai porter des confitures.
Dans les plis de leur dogme ils ont la sombre nuit.
Le néant des géants m'importune ; - Moi j'admire, ébloui, la grandeur des petits.
Je crois aux enfants comme on croyait aux apôtres.
Voici donc les longs jours, lumière, amour, délire ! Voici le printemps ! mars, avril au doux sourire, Mai fleuri, juin brûlant, tous les beaux mois amis ! Les peupliers, au bord des fleuves endormis, Se courbent mollement comme de grandes palmes ; L’oiseau palpite au fond des bois tièdes et calmes ; Il semble que tout rit, et que les arbres verts Sont joyeux d’être ensemble et se disent des vers. Le jour naît couronné d’une aube fraîche et tendre ; Le soir est plein d’amour ; la nuit, on croit entendre, A travers l’ombre immense et sous le ciel béni, Quelque chose d’heureux chanter dans l’infini.