Œuvre

L'Almanach du Pauvre Richard (1732-1758)

Le mien vaut mieux que le nôtre.
Personne ne prêche mieux que la fourmi, et elle ne parle pas.
Les lois trop douces ne sont pas suivies, les lois trop sévères ne sont pas appliquées.
Abréger son souper, c'est allonger sa vie.
Rien n'est plus doux que le miel, sauf l'argent.
Si quelqu'un vide sa bourse dans son cerveau, personne ne pourra la lui dérober.
Un célibataire n'a pas la valeur qu'il atteint dans le mariage. Il ressemble à la moitié dépareillée d'une paire de ciseaux.
Une vieille épouse, un vieux chien et de l'argent liquide - voilà trois amis fidèles.
Le savoir est pour l'homme studieux, la richesse pour l'homme vigilant, la puissance pour la bravoure, et le ciel pour la vertu.
Trois personnes peuvent garder un secret si deux d'entre elles sont mortes.
Ne gaspille jamais ni le vin du Curé, ni le pain du Boulanger.
Une maison sans femme ni feu est comme un corps sans âme ni esprit.
Bourse légère, coeur lourd.
Ne prends pas d'épouse tant que tu n'as pas une maison (bien chauffée) où la loger.
Qui aime bien, fouette bien.
L'affamé n'a jamais vu de mauvais pain.
Méfie-toi d'une viande deux fois bouillie et d'un vieil ennemi qui se réconcilie.
Grands parleurs, petits faiseurs.
La relation sans l'amitié, l'amitié sans le pouvoir, le pouvoir sans la volonté, la volonté sans l'action, l'action sans le profit, le profit sans la vertu, ne valent pas un sou.
Mange pour vivre, ne vis pas pour manger.
Mars venteux, avril pluvieux font mai très plaisant.
Le Fou fait des festins, le Sage les mange.
Méfie-toi d'un jeune médecin et d'un vieux coiffeur.
Le pauvre a peu, le mendiant n'a rien, le riche a trop et nul n'a assez.
Pour allonger ta vie, diminue tes repas.