Œuvre
L'Abeille et l'Architecte (1978)
J'ai approché pendant dix ans ce milieu dit du Tout-Paris qui répète indéfiniment les mêmes choses sur le même ton sans se lasser de son ennui, persuadé qu'il exerce un gouvernement sur les moeurs alors qu'il n'inspire même plus les modes.
Dans les épreuves décisives on ne franchit correctement l'obstacle que de face.
L'excès du langage est un procédé coutumier à celui qui veut faire diversion.
L'inflation, impôt pour les pauvres, prime pour les riches, est l'oxygène du système. Regardez-le qui s'époumone.
Laissez la tyrannie régner sur un mètre carré, elle gagnera bientôt la surface de la terre.
Qui a peur de son ombre attend midi pour se lever. Pendant ce temps, les autres courent.
L'artifice du langage représente à mes yeux un symptôme majeur du mal dont souffre l'Occident.
Quand l'amour se fait mécanique, il propose moins de puissance qu'une moto lancée à cent quarante à l'heure dans le vent et le risque.
Je me méfie pourtant de l'intuition, science de ceux qui bougent: le vrai savoir est sédentaire.