Œuvre
Impressions d'Afrique (1910)
Ils étaient guidés par un jeune chef à mine intelligente et ouverte, qui, se présentant sous le nom de Séil-kor, nous plongea dans une profonde surprise en opposant à nos premières questions des réponses formulées dans un français facile et correct.
Docilement une brillante fanfare éclata, sortant d'une foule de pavillons d'inégale grosseur tassés en groupe compact.
A l'aide d'une voix de fausset qui en copiant le timbre féminin se trouvait en rapport avec sa robe et sa perruque, Talou exécuta l'Aubade de Daricelli, morceau à vocaliser des plus périlleux.
Séil-kor fit ses débuts dans la carrière funambulesque, en parcourant d'un bout à l'autre le chemin étroit et fragile fourni par les deux timons.
Les gestes, pris sur le vif, - les habitus, très définis, - les silhouettes, curieusement amusantes, - et les visages, criants de ressemblance, - avaient l'expression voulue, tantôt sombre, tantôt joyeuse.