Œuvre

Histoire de la mer (1973)

Des coquillages de nacre blanche, des arondes de grande dimension et d'une épaisseur de valve de plus de trente millimètres.
L'eau reprit une faible brillance qui rendit le paysage brumeux, à peine distinct.
Le paysage semblait comme déterré, gardant dans ses creux, dans ses fissures, sur ses pitons, des couches de lave bulleuse.
Elle ne ramassait plus les coquilles porte-soie dont le byssus fin, brillant et moelleux, pouvait devenir une fibre textile qu'elle peignait et filait les nuits où elle ne dormait pas, afin d'en fabriquer des sacs pour ranger sa nourriture.
Des astéries, des chevrettes, des méduses apparaissaient puis disparaissaient sous les longues franges entrelacées des algues et des mousses vertes.
La mer de juillet qui sent la crème déshydratante et la gaufre.
Mais qui utilise les grosses éponges dites de Venise et connaît encore la différence entre les éponges plongées et les éponges harponnées?