Œuvre

Grand-Père (2001) (En collaboration avec Louis Valentin)

Les souvenirs aussi bien que les regards opèrent des miracles.
Je sais que ce sera dur de couper avec ses racines, des racines qui, depuis sa naissance, ne puisent que du malheur. La seule sève qu'elle connaisse.
La vie n'était pour lui qu'un carnet de dessins, un livre d'images croquées au fil de sa fulgurante créativité.
Sous son pinceau, sous ses doigts, les couleurs, la glaise, le bronze, le métal se pliaient à sa force. Il matait les femmes et la matière pour en faire ses esclaves.
Aujourd'hui, l'argent représente un instrument de liberté.
La recette est simple. Sois toi-même et ne triche jamais. Avenir et utopie ne font pas bon ménage. Endosser le nom de Picasso est loin d'être une palme.
Pour vivre, nous devons nous battre et nous débattre.
Comme deux inséparables , ces perruches qui ne peuvent vivre qu'en couples, nous sommes soudés, main dans la main, front contre front. Nous refusons de prendre part à l'ignominie des hommes.
Comment devenir un homme responsable lorsque, au restaurant, il suffit à ce père insolent de signer sur une nappe en papier pour payer une addition de quarante personnes ?