Œuvre
France Culture le 2 janvier 1999
Jacques Martin avait dit que j’étais le châtelain de Montvallon. Voilà. Et comme tout ce qui se voit, et tout ce qui est exagéré est crédible, les gens ont cru que j’étais propriétaire du château de Chambord. Mais tout cela est faux.
On a eu des moutons, des lapins et des chevaux. Ma famille nombreuse pouvait évoluer, grandir dans un bel équilibre entre nature et éducation. Maintenant que les enfants ont grandi, maintenant certains sont partis, même si on les a enterrés à deux pas d’ici. Il y a une certaine nostalgie. La nostalgie est un luxe. Pouvoir avoir à portée de main ses regrets, sa tristesse et ses passions, c’est quand même un luxe.
La nostalgie est un luxe. Pouvoir avoir à portée de main ses regrets, sa tristesse et ses passions, c’est quand même un luxe.
Il me semble que la grande maladie de notre époque, c’est un peu pompeux ce que je dis là, c’est la solitude. Alors quand vous vous retrouvez dans une famille, quand vous vous trouvez dans un groupe, vous perdez l’angoisse de la solitude. Les cauchemars, cette impression redoutable que personne ne vous aime, s’estompent.