Œuvre
Fi de la popularité (1838)
Je connais plus d'un sot qui loue - \r\nComme le trésor le plus beau, - \r\nL'amour que le bon peuple voue - \r\nA ceux qui suivent son drapeau. - \r\nDu peuple que me fait l'estime ? - \r\nPuisque ce trésor si vanté - \r\nNe rapporteras un centime, - \r\n - Fi de la popularité !
Le peuple, c'est une coquette - \r\nHabile à plumer ses amants, - \r\nEt qu'on voit changer d'amourette - \r\nComme un magistrat de serments. - \r\nAu premier mois amour extrême, - \r\nAu deuxième infidélité... - \r\nChaque mois m'apporte un douzième. - \r\n - Fi de la popularité !
Dans une fable fort sensée, - \r\nUn sage nous dit en beaux vers : - \r\n« Si la treille est trop haut placée, - \r\nCriez que les raisins sont verts. » - \r\nPour que le peuple nous encense, - \r\nS'il faut réunir équité, - \r\nVertu, dévouement, éloquence, - \r\n - Fi de la popularité ! -