Œuvre

Fables (1668 à 1694), Livre septième, I, les Animaux malades de la peste

La faim, l'occasion, l'herbe tendre, et, je pense, - Quelque diable aussi me poussant, - Je tondis de ce pré la largeur de ma langue.
Selon que vous serez puissant ou misérable, - Les jugements de cour vous rendront blanc ou noir.
A ces mots, on cria haro sur le baudet.
Ils ne mouraient pas tous, mais tous étaient frappés.
Ainsi dit le renard; et flatteurs d'aplaudir.
Pour moi, satisfaisant mes appétits gloutons - J'ai dévoré force moutons. - Que m'avaient-ils fait? Nulle offense: - Même il m'est arrivé quelquefois de manger - Le Berger.
Un mal qui répand la terreur, - Mal que le Ciel en sa fureur - Inventa pour punir les crimes de la terre, - La Peste (puisqu'il faut l'appeler par son nom) - Capable d'enrichir en un jour l'Achéron, - Faisait aux animaux la guerre.
Manger l'herbe d'autrui ! quel crime abominable !