Œuvre

Eloges, d'Olivet

La continuation de l'histoire de l'Académie, éloge rare dans un continuateur, soutient le parallèle avec avantage.
Cette subtilité exaltée et fugitive, souvent plus propre à énerver le goût qu'à le raffiner.
L'abbé d'Olivet avait dirigé au collége des jésuites les premières études de cet écrivain célèbre (Voltaire).
Il les éclairera sur le caractère de notre langue, sur ses entraves et ses ressources, sa richesse et son indigence, la sagesse de ses lois et la singularité de ses bizarreries.
L'offensé voulait prouver à l'agresseur, par cette vengeance si noble, qu'au talent de faire des satires. Il joignait le mérite d'en dédaigner l'usage.
Attaché avec superstition aux anciennes maximes, il s'élevait par une espèce d'ostracisme contre toute innovation littéraire, soit dans les principes, soit dans les ouvrages.
Son esprit ressemblait à ces palais sains et vigoureux qui expriment avec force et goûtent avec plaisir le suc des viandes pleines de substance, mais qui ne savent ni distinguer ni apprécier des aliments plus délicats.
Ces prétoriens ou janissaires du saint-siége (les jésuites) devenus odieux au saint-siége même.
Le génie qui produit restera toujours aussi supérieur au copiste qui ne fait qu'imiter, que la nature est au dessus de l'art.
La différence peut-être la plus marquée entre la prosodie de la langue française et celle des langue grecque et latine, différence que l'abbé d'Olivet paraît n'avoir pas assez connue, c'est la quantité de syllabes communes que renferme la première.
Avec un extérieur peu attirant et presque fait pour repousser ceux qui n'y étaient pas aguerris, l'abbé d'Olivet portait au fond du coeur une envie d'obliger sincère et active, que plusieurs gens de lettres ont éprouvée.
Quand on fait à des satires l'honneur d'y répondre, ce doit être avec le sel et la gaieté de la Motte, et non avec le fiel et la fange de Scaliger.
L'Académie, en le dispensant (l'abbé d'Olivet) de solliciter les suffrages que ses travaux sollicitaient assez, fit en cette occasion ce qu'elle devrait toujours faire; les lettrés et la compagnie y gagneraient.
On sait que, chez les jésuites, les derniers voeux ne se faisaient qu'à trente-trois ans, âge où l'on prétend que Jésus-Christ a été mis en croix, et que ces pères avaient pris pour s'attacher à la leur.