Œuvre

Des pas sur le sable (1914)

Avec ce mot devoir, on fait danser le citoyen comme un ours avec une musette.
L'origine des maux profonds dont souffre l'humanité vient de la guerre sourde que se font les femmes maigres et les femmes grasses.
Un imbécile ne s'ennuie jamais; il se contemple.
Le loisir, voilà la plus grande joie et la plus belle conquête de l'homme.
La vérité est une illusion et l'illusion est une vérité.
Le bonheur, comme la richesse, a ses parasites.
Quand un peuple n'ose plus défendre sa langue, il est mur pour l'esclavage.
Les satires générales sont toujours des mensonges, parce que le sentiment réserve toujours des exceptions.
Le catholicisme laisse nue la beauté païenne, détourne la tête et dit : «Ne la regardez pas, c'est un péché». Le protestantisme la fourre dans un sac.
La Rochefoucauld fait les hommes plus malins qu'ils ne sont. Il a mis son esprit au service de l'humanité.
Les Monita secreta des Jésuites, c'est l'art de pactiser avec la tyrannie de la conscience moyenne, la conscience des imbéciles.
Faugère veut que l'on considère avec respect l'amulette de Pascal. Je ne le considère pas avec respect, mais avec un mélange de honte et de terreur.
Sixte disait : «II y a en moi une sorte d'amour de la gloire que je n'ai jamais pu déraciner entièrement.»
Améliorer, embourgeoiser la condition sociale des ouvriers, c'est créer une race d'esclaves contents de leur sort, une caste de parias confortables.
Mettez un cochon dans un palais, il en fera une étable.
Les socialistes révolutionnaires me font penser à celui qui, ayant un piano désaccordé, dirait : « Brisons ce piano et jetons-en les morceaux au feu à la place, nous installerons une harpe éolienne. »
Le nu de l'art contemporain est un nu d'hydrothérapie.
Le peuple, c'est tous ceux qui ne comprennent pas. Il y a des ducs parmi le peuple il y a des académiciens. Le peuple, c'est très bien composé.
C'est singulier : en littérature, quand la forme n'est pas nouvelle, le fond ne l'est pas non plus.