Œuvre

Claude Gueux (1834)

Examinez cette balance: toutes les jouissances dans le plateau du riche, toutes les misères dans le plateau du pauvre. Les deux parts ne sont-elles pas inégales? La balance ne doit-elle pas nécessairement pencher, et l'état avec elle?
L'oeil de l'homme est une fenêtre par laquelle on voit les pensées qui vont et viennent dans sa tête.
Donnez au peuple qui travaille et qui souffre, donnez au peuple, pour qui ce monde-ci est mauvais, la croyance à un meilleur monde fait pour lui. Il sera tranquille, il sera patient. La patience est faite d'espérance.
L'ignorance vaut encore mieux que la mauvaise science.
La peine de mort est une amputation barbare.
Démontez-moi cette vieille échelle boiteuse des crimes et des peines, et refaites-la. Refaites votre pénalité, refaites vos codes, refaites vos prisons, refaites vos juges. Remettez les lois au pas des moeurs.
Cette tête de l'homme du peuple, cultivez-la, défrichez-la, arrosez-la, fécondez-la, éclairez-la, moralisez-la, utilisez-la ; vous n'aurez pas besoin de la couper.
La popularité ne va jamais sans la défaveur. L'amour des esclaves est toujours doublé de la haine des maîtres.
Les nations ont le crâne bien ou mal fait selon leurs institutions.
L'entêtement sans l'intelligence, c'est la sottise soudée au bout de la bêtise et lui servant de rallonge.
Avec la solde de vos quatre-vingts bourreaux, vous paierez six cents maîtres d'école.
L'oeil de l'homme est une fenêtre par laquelle on voit les pensées qui vont qui viennent dans sa tête.
Voici, pourtant. Je suis un voleur et un assassin j'ai volé et j'ai tué. Mais pourquoi ai-je volé ? Pourquoi ai-je tué ? Posez ces deux questions à côté des autres, messieurs les jurés.