Œuvre

Chateaubriand et son groupe littéraire (1860)

Le propre de tout ce qui est vraiment beau est de subsister en soi sans se détruire réciproquement et sans se nuire.
On a dit de Nicole qu'il excellait à discourir sur des sujets de morale qui n'auraient pas tout à fait fourni la matière d'un sermon.
Quand un critique cède pourtant et qu'il se laisse aller à son plaisir, ce n'est jamais pour lui sans conséquence, c'est en louanges qu'il doit payer son écot.
Le cours que j'entreprends de développer devant vous embrassera la littérature française dans toute son étendue.
«Vous ne savez pas? disait-on un jour, M. de Chateaubriand veut décidément se retirer du monde; il va vivre en solitaire dans un ermitage.» «Oui, répondit quelqu'un... M. de Chateaubriand veut une cellule, mais c'est une cellule sur un théâtre».
Quan il est seul, il rêve, c'est-à-dire il se livre à tout l'essor d'une imagination sans frein, il voyage et vagabonde à travers l'espace sur l'hippogriffe ailé.
Le reste de ses écrits est composé toujours de pièces et de morceaux, de très beaux morceaux, mais qui ne réussissent à faire qu'un ensemble haché, saccadé. Il y a du grandiose, mais à tout moment brisé, un grandiose qui casse à tout coup.