Œuvre
Bloodsilver de Wayne Barrow (2006)
L'Amérique est un pays couvert de vestiges qui s'étendent sur des centaines d'acres de terre abandonnée, des tombes collectives livrées aux mauvaises herbes. Des gens y ont vécu, avec leurs espoirs, leurs chagrins et toutes les petites tracasseries de la vie quotidienne. Parfois, dans ces ruines, on entend les bruits de la vie, rires eu pleurs qu'emporte le vent des prairies. Les habitants fantômes y murmurent les récits du passé.
De toute façon, il ne sert à rien de réinventer l'Histoire quand on s'échine déjà à la faire.
En fait, il en va de la lecture comme des hommes pour les femmes. Certains papillonnent de l'une à l'autre, d'autres sont fidèles à une seule. Moi je n'étais le lecteur que d'un seul roman.
Est-il, sur la surface du globe, un coin qui ait été jamais aussi abreuvé de sang que cette étroite bande de terre promise si proche de l'Afrique, de l'Asie et de l'Europe ?" Mince, je me suis dit, ça parle de l'Amérique vu que c'est le seul pays qui ne soit pas mentionné.
Trop souvent on dit que l'Amérique n'a pas de poètes, parce qu'ils n'y a pas de motifs pour écrire. C'est peut-être vrai, encore faut-il s'entendre sur ce qu'on nomme poésie. Est-ce que c'est la rime qui compte, les vers bien troussés, ou est-ce que ce sont les mots, tels qu'on les dit, des phrases simples qui expriment la réalité ? A moins que ce soit tout simplement les bruits, ceux de la rue, de la vie quotidienne, le vacarme des usines et les hurlements des combats.
J'étais maintenant un fugitif. Les gens de la ville croient qu'il est romantique d'avoir la loi à ses trousses, ils ne connaissent pas le prix à payer pour être libre. C'est une somme dont il faut s'acquitter au quotidien, parce que chaque jour qui se lève voit renaître les mêmes préoccupations.