Œuvre

Aphorismes sous la lune et autres pensées sauvages (2008)

S.O.S. chemins battus.
Or en barre, sardines en boîte, fleurs en pot: l'homme est le maton de la nature.
Clairière: le living-room des forêts.
Un panneau indique CHUTE DE PIERRES. Que croit-on? Que la montagne va obéir?
On dirait que les poules marchent sur des oeufs.
Dans les lieux peu courus, j'ai tendance à ralentir l'allure.
Une ruche fourmille d'abeilles.
Les pâquerettes: taches de douceur sur la joue du gazon.
Eau de jouvence? A la surface des lacs, les rides finissent toujours par s'effacer.
Même la pensée de Darwin a connu une espèce d'évolution.
Regarder un singe en cage, c'est mettre des barreaux à un miroir.
Les bouquets de roseaux sont les paillassons des lacs.
Les plissements sont les souvenirs des profonds tourments que connut la Terre jadis.
Eclair: l'orage a une idée.
La mer, par évaporation, est l'abreuvoir du ciel.
Les vaches regardent passer les trains parce qu'elles ne peuvent pas monter dedans.
La lune, enceinte de lumière, allaîte la nuit.
Calanques de Cassis: l'eau enfonce son coin turquoise dans l'albâtre du calcaire.
Une plage, allongée sur le flanc, prenait le soleil sur le bord de la mer.
Aube: le soleil fait levier pour soulever le socle de la nuit et y glisser un peu de lumière.
Le vent rassemble le troupeau de nuages dont les ombres paissaient sur un champ.
La Terre pressée de se jeter à l'eau trébucha et ce fut la falaise.
Les statues ont besoin de piedestaux parce qu'elles souffrent d'un complexe d'infériorité.
Mettez un caméléon sur un kilt, il deviendra fou.
Une mouette rieuse peut-elle consoler un saule pleureur?