Œuvre

Aphorismes sous la lune et autres pensées sauvages (2008)

Autrefois les remparts empêchaient les villes de déborder dans la campagne.
Devant les parterres de mousse, regret d'être si grand.
La neige: des copeaux de ciel rabotés par le froid.
Une fois enrichi, le fakir décida de dormir sur la paille.
La rose imagine peut-être que son parfum l'absout de ses épines.
La fleur se fane plus vite que la femme mais reste fanée moins longtemps.
Les drapeaux acceptent les services des vents les plus exotiques.
Malgré le froid, lorsque la pluie frappe au carreau, personne ne va ouvrir.
Dresser un cheval veut dire lui apprendre à se plier.
Le dieu Odin redressa bien des Thor.
Cette femme est un boulet qui donne une idée du canon qu'elle fut.
Une impasse mène au moins à faire demi-tour.
Grilles d'égouts: caries de la voirie.
Le vaisseau fantôme de la lune s'avance dans un ciel en haillons. La pâleur des morts accoudés au bastingage du vaisseau donne au satellite sa clarté huileuse.
Tondre la pelouse, c'est ne pas même donner sa chance à l'herbe.
Ponctuation: les points d'exclamation de la pluie, la virgule des herbes, les points de suspension du brouillard, la parenthèse de midi, le point final du soir, l'alinéa de l'aube.
Les myrtilles sont des grelots que rend muets la peur d'être dévorés.
Canyons: l'eau s'accroche de toutes ses griffes pour ne pas finir à la mer.
On aimerait pouvoir complimenter les suicidés pour leur courage.
La pollution est l'ombre du progrès.
Comment font certains livres pour rester si tranquilles avec ce qu'ils recèlent?
Elle était belle comme ces petits sachets de lavande qu'on presse pour en exhaler les parfums.
Je suis sûr qu'il y a bien des voiles de mariées qui ne demandent qu'à prendre le large.
La solitude, compagne qui ne s'enfuira jamais.
Oiseau en cage: aurait-on idée d'appeler hommes de compagnie, les détenus d'un pénitencier?