Œuvre
American Psycho (2000)
Il ne m'était jamais, jamais venu à l'esprit que les gens pussent être bons, ou qu'un homme pût changer, ou que le monde pût être meilleur au travers de ce plaisir que l'on prend à tel sentiment, telle apparence ou tel geste, à recevoir l'amour ou l'amitié de son prochain. Rien n'était affirmatif, le terme de « bonté d'âme » ne correspondait à rien, c'était un cliché vide de sens, une sorte de mauvaise plaisanterie.
La pensée est vaine, le monde dépourvu de sens. Dieu ne vit pas. On ne peut croire en l'amour. La surface, la surface, la surface, voilà ce dans quoi on trouve une signification… C'est ainsi que je vis la civilisation, un colosse déchiqueté…
Mon allégresse macabre a fait place à de l'amertume, et je pleure sur moi-même, sans parvenir à trouver la moindre consolation dans tout cela, je pleure, je sanglote "Je veux juste être aimé", maudissant la terre, et tout ce qu'on m'a enseigné : les principes, les différences, les choix, la morale, le compromis, le savoir, l'unité, la prière - tout cela était erroné, tout cela était en vain. Tout cela se résumait à : adapte-toi, ou crève.
Je possédais tous les attributs d'un être humain - la chair, le sang, la peau, les cheveux - , mais ma dépersonnalisation était si profonde, avait été menée si loin, que ma capacité normale à ressentir de la compassion avait été annihilée, lentement, consciencieusement effacée. Je n'étais qu'une imitation, la grossière contrefaçon d'un être humain.
Comment pourrait-elle donc comprendre que rien ne pourrait jamais me décevoir, puisque je n'attends plus rien ?
Une des grandes erreurs que l'on peut commettre est de croire que les bonnes manières ne sont que l'expression d'une pensée heureuse.
Une des grandes erreurs que l'on peut connaître est de croire que les bonnes manières ne sont que l'expression d'une pensée heureuse. Les bonnes manières peuvent être l'expression d'un large éventail d'attitudes. Voici le but essentiel de la civilisation : exprimer les choses de façon élégante et non pas agressive.