Quoiqu'on doive aimer le prochain comme soi-même, et que parfois on l'aime à ce point, cela demeure toujours une duperie, et une duperie de soi-même, parce qu'il est impossible d'éprouver sa douleur s'il a mal à la tête ou à un doigt.

À lire aussi de Robert Musil

Je ne connais plus d'énigmes: les choses arrivent, voilà l'unique sagesse.
Il semble que les hommes qui ne font pas beaucoup de bien soient seuls en mesure de garder leur bonté!
On a toujours beaucoup plus de chances d'apprendre un événement extraordinaire par le journal que de le vivre; en d'autres termes, c'est dans l'abstrait que ce passe de nos jours l'essentiel, et il ne reste plus à la réalité que l'accessoire.
On aime quelqu'un en dépit de tout ou à cause de rien; ou bien le tout est une imagination, ou bien cette imagination est un tout comme en est un ce monde où il n'est pas un passereau qui tombe du toit à l'insu de celui qui voit tout.
Quand l'amoureux retrouve son sang-froid: il voit alors «toute la vérité», mais quelque chose de plus vaste a été détruit, et la vérité n'est plus qu'un reste recousu tant bien que mal.
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Un amour peut naître par défi. Il ne peut survivre que s'il s'inscrit dans une société.
En amour comme dans les affaires, dans les sciences comme dans le saut en longueur, on doit croire, avant de pouvoir gagner ou atteindre son but.
Nous sommes une matière qui épouse toujours la forme du premier monde venu.
Quand on veut enfoncer les portes ouvertes avec succès, il ne faut pas oublier qu'elles ont un solide chambranle.
Un homme qui cherche la vérité se fait savant; un homme qui veut laisser sa subjectivité s'épanouir devient peut-être écrivain. Mais que doit faire un homme qui cherche quelque chose situé entre les deux?