Aussi le tourisme est-il supranational, comme l'Église catholique, et représente-t-il la plus complète communion que l'on connaisse sur terre: car, que ses fidèles soient américains, allemands, italiens, ou de n'importe quelle origine, la tour Eiffel, les Pyramides et le Campanile provoquent chez eux une seule et même émotion, leur Bible est rédigée en langage clair et ne souffre pas d'interprétation personnelle; ils partagent les mêmes paysages, supportent les mêmes contrariétés, vivent selon le même et transparent horaire. Ils appartiennent à la rue.
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Quand j'étais gamin, c'était l'âge d'or des salles de jeux, et maintenant je crois que je n'arrive pas à admettre que c'est fini. Tous ces jeux sur ordinateur pour la maison, Nintendo 64, PlayStation, cette Xbox, là, peut-être que j'ai juste envie que les garçons voient ce que c'était que de dézinguer des aliens au temps jadis .
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À lire aussi de Thomas Pynchon
Notre cauchemar actuel, la Bombe, s'y trouve déjà en germe. En 1959, ce n'était déjà pas drôle, cela l'est encore moins maintenant car le risque n'a fait que croître. Cela n'a jamais rien eu de subliminal. A part cette succession de fous criminels qui sont au pouvoir depuis 1945, et qui auraient pu y faire quelque chose, nous autres, pauvres moutons, nous avons vécu en proie à une peur élémentaire et universelle. Sans doute avons-nous tous essayé, à un degré quelconque, de vivre dans la lente escalade de l'impuissance et de la terreur, soit en essayant de penser à autre chose, soit en perdant carrément la tête. Parmi ces différentes manifestations d'impuissance, une solution se présentait : en faire de la fiction, le cas échéant, comme ici sur le fond d'un lieu et d'une époque plus pittoresques.
Herbert Stencil, à l'instar des petits enfants à un certain stade de leur développement, à l'instar aussi de Henry Adams dans “L'éducation”, et de tout un assortiment d'autocrates à travers les âges, parlait toujours de lui-même à la troisième personne. Cela permettait à Stencil de ne représenter qu'une unité, dans une longue liste d'identités.
Les perroquets de sa chemise commençaient maintenant à s'agiter et à battre des ailes, à glousser, voire à parler, encore que ça venait peut-être de la fumette.
Ils sont en train de détruire la planète [...] La bonne nouvelle c'est que, comme toute créature vivante, la terre possède également un système immunitaire, et que tôt ou tard elle se mettra à rejeter les agents porteurs de maladie, telle l'industrie pétrolière. Et avant, espérons-le, qu'on finisse comme l'Atlantide et la Lémurie.
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Les odeurs ont des formes ondulatoires périodiques, comme le son ou la lumière. Le nez humain reçoit au quotidien toutes les odeurs pêle-mêle, comme l'œil reçoit les fréquences de lumière incohérente.
Les filles ne cessaient de fomenter des stratagèmes pour s'y introduire en douce, elles se pavanaient comme des cygnes, ou plutôt se dandinaient comme des pigeons, jusqu'au porche, portant des sacs de ville Chanel et déguisées dans des robes de stylistes en provenance de dépôts-ventes de l'East Side, mais n'allaient jamais au-delà du long examen vertical que le portier irlandais leur faisait passer avec dédain, l'œil sur sa tablette à pinces.