Tu as cinquante ans Toi, Gladys, qui hier encore - Tu as cinquante ans, cinquante ans, et jamais tu ne retrouveras ta jeunesse.
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Pourquoi vous et vos pareilles craignez-vous tant que l'on sache votre âge ? Si vous aviez commis un crime, vous en auriez moins honte.
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À lire aussi de Irène Némirovsky
Les hommes ont une mémoire terrible. Une femme, tu sais, ça oublie si bien... Le bonheur et le malheur.
Un bal, ça ne te rend pas fière, non, de penser que tes parents donnent un bal ?
Le soleil montait tout rouge encore dans un firmament sans nuages. Un coup de canon fut tiré, si proche de Paris à présent que les oiseaux s'envolèrent du haut de chaque monument. Tout en haut planaient de grands oiseaux noirs, invisibles le reste du temps, étendaient sous le soleil leurs ailes glacées de rose, puis venaient les beaux pigeons gras et roucoulants et les hirondelles, les moineaux sautillaient tranquillement dans les rues désertes. Au bord de la Seine, chaque peuplier portait une grappe de petits oiseaux bruns qui chantaient de toutes leurs forces. Au fond des caves, on entendit enfin un appel très lointain, amorti par la distance, sorte de fanfare à trois tons. L'alerte était finie.
Les événements graves, heureux ou malheureux ne changent pas l'âme d'un homme mais ils la précisent, comme un coup de vent en balayant les feuilles mortes révèle la forme d'un arbre.
Dans la même œuvre
N'est-ce pas, la vie est triste, au fond... Il n'y a que certains moments d'ivresse, de fièvre.
Elle pensait qu'une femme n'est jamais blasée, qu'elle est un petit animal infatigable, qu'un ambitieux peut se lasser des honneurs et un avare de l'or, mas que jamais une femme ne renonce à son métier de femme.
Tu as cinquante ans Toi, Gladys, qui hier encore - Tu as cinquante ans, cinquante ans, et jamais tu ne retrouveras ta jeunesse.