Pour rien au monde nous n'aurions manqué cette fête de l'été. Parfois les orages d'août y mettaient fin vers le soir. Les champs alentour avaient été fauchés et la chaleur de la paille nous enivrait, nous transportait. Nous courions avec les gosses dans les chaumes piquants, pour faire lever des nuages de moustiques. Les 2 CV des bonnes sœurs roulaient à travers champs. Les groupes d'hommes se réunissaient pour regarder les concours de lutte bretonne, ou les jeux de palets. Il y avait de la musique de fanfare sans haut-parleurs, que perçaient les sons aigres des binious et des bombardes.

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Les bras des bielles poussent les rayons des roues. Les frémissements parcourent la carapace de métal, comme sur la peau d'un cheval. Les machines sont pareilles à des rochers animés, solides, puissantes.
La vie est une eau qui s'enfuit.
Mais cet oeil n'existe pas, pas plus que ces mains, que cette guitare, ce paysage où passe un boutre brouillardeux.
Le baromètre est tombé. Incroyable, terrifiant. Jamais il n'avait vu le baromètre descendre aussi bas, aussi vite.
Dans leurs bunkers de béton aux murs épais, dans l'air conditionné à 20 °C qui souffle jour et nuit, les machines sombres ne connaissent pas la vie sur la terre.
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