J’aborde les rôles avec ma personnalité. Je ne sais pas faire autrement. Mais ce sont des rôles très différents pour moi. Le seul que je revendique pleinement comme étant un décalque de moi, c’est le personnage de Georges dans Cuisine et Dépendances (1993). Il n’y a pas une réplique que moi, Jean-Pierre Bacri, je renierais. Peut-être qu’aujourd’hui j’aborde les personnages avec un peu plus de lenteur. Inconsciemment, ma manière de les jouer a quelque chose à voir avec une forme de maturité.
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Pour ceux qui sont passés par des cours d’art dramatique, Molière c’est un peu comme Alexandrie Alexandra de Claude François, ce sont des tubes dont on connaît certaines répliques par coeur.
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Vieillir est une aventure dans laquelle on vous exile du pays de la jeunesse. Il faut accepter qu'il y a un moment où on arrête de plaire, de coucher avec des filles. Mais ce n'est pas un drame...
La mort est simplement le dernier mot du contrat qu'on a tous signé. Donc il ne faut pas s'en faire : la mort, c'est la vie.
Il y a des clichés sur moi comme il y en a sur tous les sujets. Je n’ai jamais aimé jouer les héros. Les gars très sympathiques et merveilleux à qui le monde fait des misères, je trouve ça abject. Ça n’existe pas. Pour moi, l’être humain est hyper faillible et vulnérable. Je trouve ça dégueulasse de faire croire aux gens que le monde est binaire. Les gentils d’un côté, les méchants de l’autre… Ça ne m’intéresse pas, c’est toujours la même chose. Je cherche des personnages humains. Pour certains, quand on n’est pas en train de sourire tout le temps, on est un rabat-joie. Eh bien, soit!
Même si les gens ont l'habitude de regarder des films sur des tablettes, des ordinateurs ou des téléviseurs, cela ne les empêchera pas d'aller au cinéma. Et si un jour on s'aperçoit que les cinémas sont vides, il faudra s'y faire. Il n'y a plus, non plus, de fiacres et de cochers.
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J’ai toujours été motivé par l’idée que certains puissent se laisser pénétrer par un point de vue. C’est ce qui m’est arrivé avec l’art dramatique. A notre petit niveau, il suffit qu’un seul soit touché par ce que l’on défend pour que ce soit mon plus beau cadeau.
Il y a cette phrase de Shakespeare dans Macbeth : « Mets des mots sur ta douleur. Le chagrin qui se tait murmure au cœur de se rompre.» Woooaaa. Ça vaut pour les djihadistes comme pour les déprimés. Si tu donnes tes mots à ta douleur…