Il existe une vieille maxime dans la communauté noire : « Il faut être deux fois meilleur pour aller deux fois moins loin ». En tant que première famille afro-américaine à la Maison-Blanche, nous étions perçus comme des représentants des Noirs américains. La moindre erreur de jugement serait amplifiée, dramatisée.
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Personne ne reprochait à Barack d’avoir l’air trop sérieux, de ne pas sourire assez. Mais, puisque j’étais une épouse et non une candidate, on attendait sans doute de moi un peu plus de légèreté, de frivolité.
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Quand on s’en remet à une personne, à un leader, on se déresponsabilise. On est tous dans le même bateau… On veut tous quelqu’un qui répare les choses, mais on va devoir résoudre les problèmes ensemble.
Barack et moi avons été élevés en partageant nombre de valeurs identiques : tu travailles dur pour ce que tu veux dans la vie ; ta parole t'engage et tu fais ce que tu as promis de faire ; tu traites les gens avec dignité et respect.
Mes objectifs se résumaient pour l’essentiel à préserver la normalité et la stabilité. Ces objectifs ne seraient jamais ceux de Barack. Nous l’admettions et l’acceptions mieux qu’avant. Un yin, un yang. J’étais obsédée par la routine et l’ordre, pas lui. Il pouvait vivre dans l’océan ; j’avais besoin d’un bateau.
Il y a des vérités que nous affrontons et des vérités que nous ignorons.
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Je crois que devenir ne signifie pas atteindre une destination ou un objectif donné. Je vois plutôt cela comme un mouvement qui porte vers l’avant, un moyen d’évoluer, une façon d’aspirer en permanence à s’améliorer. Le voyage n’est pas terminé.
Je n’aimais pas ces passages en coup de vent qui limitaient mes échanges, faisaient parfois bégayer les gens en ma présence ou les rendaient silencieux parce qu’ils ne savaient plus trop comment rester eux-mêmes. C’est pour cela que j’allais souvent vers eux pour les prendre dans mes bras afin de ralentir le temps, d’abolir la distance, de rappeler que nous étions tous des êtres de chair.
Mon objectif avait toujours été de voir au-delà de mon quartier – de regarder droit devant moi et de triompher. […] Mais, en écoutant Barack, j’ai commencé à comprendre que sa vision de l’espoir dépassait largement la mienne. Se sortir de l’ornière était une chose. Essayer de combler l’ornière elle-même en était une autre.
Mon expérience m’avait appris que, lorsque quelqu’un s’intéresse sincèrement à votre éducation et à votre développement, ne serait-ce qu’en vous donnant dix minutes de son emploi du temps surchargé, c’est important. C’est surtout important pour les femmes, pour les membres des minorités, pour tous ceux que la société ignore trop facilement.
Ça pompe de l’énergie d’être le seul Noir dans une salle de cours ou l’un des rares non-Blancs à passer une audition pour une pièce ou à être admis dans une équipe de sport. Prendre la parole dans ces conditions et imposer sa présence exige un effort supplémentaire et une solide confiance en soi.