La tendresse d'une mère pour son enfant commence à l'instant même où son enfant voit le jour. Mais, à mesure que l'enfant grandit, la mère s'attache à lui par tous les liens qui peuvent unir une âme à une autre. Elle l'aime pour les grâces qu'il a réellement, et pour celles qu'elle lui suppose; elle l'aime pour le bonheur qu'il lui donne, et pour les soins et pour les peines qu'il lui a coûté.
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On se sacrifie pour un ami , pour un frère, pour un père; on renonce pour eux, à ce qu'il y a de plus fort dans l'amour- propre , à la fortune , à l'honneur , à la vie.
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Tous les bons sentiments s'allument au même foyer. L'amour de la patrie est une extension de l'amour de la famille, et l'amour de l'humanité est une extension de l'amour de la patrie. Notre coeur, comme notre esprit, étend peu à peu ses rayons.
Il semble que l'amour doive être sans nuage entre deux coeurs qui battent à l'unisson l'un de l'autre3
Il faut de nécessité commencer par être honnête homme, pour avoir le droit d'aspirer à être un grand homme.
Hélas! on s'habitue même à la prison. On devient un hôte naturel de ces tristes demeures. On oublie le soleil et la liberté.
Dans la même œuvre
L'amitié ne cherche pas l'égalité, mais elle la produit. Elle met tout en commun entre les amis: la fortune, les qualités de l'esprit, les sentiments du coeur.
La véritable amitié ne comporte pas seulement l'estime, mais le respect; il faut que l'on sente, jusque dans les épanchements de l'intimité, la présence et la dignité de la vertu.
Il n'y a point d'accommodement avec la conscience. Il faut lui obéir, et être juste, ou lui désobéir, et être criminel.
Si je me trompe en me croyant libre, je me trompe avec l'universalité du genre‘ humain. Je cherche des sceptiques : je n'en trouve que parmi les philosophes, et les philosophes mêmes qui doutent de la liberté semblent effrayés de leur doute. Ils forment dans les écoles une minorité presque insensible. Depuis l'origine de la philosophie, les noms les plus illustres témoignent en faveur de la liberté. Tous les hommes naissent avec cette croyance, et tous, à l'exception de quelques sophistes, la conservent jusqu'à la mort. Le roi et le pâtre se sentent responsables, l'un de son royaume, l'autre de son troupeau; et le plus ignorant se croit justifié, s'il peut seulement dire à ses juges : « C'est ma main qui a tout fait, en dépit de ma volonté. »
Le roi et le pâtre se sentent responsables, l'un de son royaume, l'autre de son troupeau.