Donner pour recevoir, ce n'est pas donner : c'est faire un commerce. Le véritable ami aime donc sans songer à Futilité de l'amitié : « J'aime, dit Montaigne, parce que c'est lui, parce que c'est moi; parce qu'il y a une force secrète qui lie mon coeur à son coeur. Qu'il soit riche et puissant, c'est plutôt pour mon amitié un obstacle qu'un aliment. Je suis prêt à me dévouer" pour mon ami, à donner pour lui ma vie, ma fortune, mes goûts, tout ce qui concourt à mon bonheur. Je lui donnerai, non pas une fois, mais toujours, tant que l'amitié subsistera. »
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La tendresse d'une mère pour son enfant commence à l'instant même où son enfant voit le jour. Mais, à mesure que l'enfant grandit, la mère s'attache à lui par tous les liens qui peuvent unir une âme à une autre. Elle l'aime pour les grâces qu'il a réellement, et pour celles qu'elle lui suppose; elle l'aime pour le bonheur qu'il lui donne, et pour les soins et pour les peines qu'il lui a coûté.
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L'amitié ne cherche pas l'égalité, mais elle la produit. Elle met tout en commun entre les amis: la fortune, les qualités de l'esprit, les sentiments du coeur.
Aucune passion n'est plus prompte à se rendre souveraine maîtresse de nos âmes, quand nous la laissons une fois se développer sans entraves. Elle est comme ces feux qui ont longtemps couvé, et qui sont inextinguibles lorsqu'ils éclatent en plein air, et que le vent les ravive et les agite de toutes parts.
Quelle est l'origine de l'amour, et quels sont les aliments dont il se nourrit? D'où lui viennent ses accroissements? Comment prend-il fin? Il est impossible de le dire, tant ce sentiment est variable. Le plus souvent c'est par les yeux que nous nous prenons, mais l'amour trouve mille portes pour s'insinuer dans les âmes.
Hélas! on s'habitue même à la prison. On devient un hôte naturel de ces tristes demeures. On oublie le soleil et la liberté.
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L'amitié ne cherche pas l'égalité, mais elle la produit. Elle met tout en commun entre les amis: la fortune, les qualités de l'esprit, les sentiments du coeur.
La véritable amitié ne comporte pas seulement l'estime, mais le respect; il faut que l'on sente, jusque dans les épanchements de l'intimité, la présence et la dignité de la vertu.
Il n'y a point d'accommodement avec la conscience. Il faut lui obéir, et être juste, ou lui désobéir, et être criminel.
Si je me trompe en me croyant libre, je me trompe avec l'universalité du genre‘ humain. Je cherche des sceptiques : je n'en trouve que parmi les philosophes, et les philosophes mêmes qui doutent de la liberté semblent effrayés de leur doute. Ils forment dans les écoles une minorité presque insensible. Depuis l'origine de la philosophie, les noms les plus illustres témoignent en faveur de la liberté. Tous les hommes naissent avec cette croyance, et tous, à l'exception de quelques sophistes, la conservent jusqu'à la mort. Le roi et le pâtre se sentent responsables, l'un de son royaume, l'autre de son troupeau; et le plus ignorant se croit justifié, s'il peut seulement dire à ses juges : « C'est ma main qui a tout fait, en dépit de ma volonté. »
Le roi et le pâtre se sentent responsables, l'un de son royaume, l'autre de son troupeau.