On s'habitue facilement. Il y a une jouissance à savoir qu'on est pauvre, qu'on est seul et que personne ne songe à nous. Cela simplifie la vie. Mais c'est aussi une grande tentation.

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Le malheur est que, parfois, des souhaits s'accomplissent, afin que se perpétue le supplice de l'espérance.
J'ai souvent pensé, avec tristesse, qu'une âme vraiment belle n'obtiendrait pas la gloire, parce qu'elle ne la désirerait pas. Cette idée, qui m'a désabusé de la gloire, m'a désabusé du génie. J'ai souvent pensé que le génie n'est qu'une éloquence particulière, un don bruyant d'exprimer.
Chacun de nous est son seul maître et son seul adepte. L'expérience se refait chaque fois à partir de rien.
Le silence ne compense pas seulement pour l'impuissance des paroles humaines, il compense aussi, pour les musiciens médiocres, la pauvreté des accords. Il m'a toujours semblé que la musique ne devrait être que du silence, et le mystère du silence, qui chercherait à s'exprimer. Voyez, par exemple, une fontaine. L'eau muette emplit les conduits, en déborde, et la perle qui en tombe est sonore. Il m'a toujours semblé que la musique ne devrait être que le trop-plein d'un grand silence.
Quand tous les calculs compliqués s'avèrent faux, quand les philosophes eux-mêmes n'ont plus rien à nous dire, il est excusable de se tourner vers le babillage fortuit des oiseaux, ou vers le lointain contrepoids des astres.
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Tout bonheur est une innocence.
Avoir du mérite à s'abstenir d'une faute, c'est une façon d'être coupable.
Il n'est pas difficile de nourrir des pensées admirables lorsque les étoiles sont présentes.
Nos défauts sont parfois les meilleurs adversaires que nous opposions à nos vices.
On ne doit plus craindre les mots lorsqu'on a consenti aux choses.