Sur quoi repose la crédibilité d'un récit ? On lit souvent des romans pour de mauvaises raisons. On pense y trouver les aventures les plus délirantes, les émotions les plus fortes, les personnages les plus surprenants. Or un romancier est quelqu'un de bridé et d'inquiet, qui se heurte sans cesse à cette question terrible : Mon histoire est-elle crédible ? Et s'il se laisse un tant soit peu dominer par ce problème, il bornera ses ambitions, censurera ses idées, castrera son imagination.
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Nous sommes tous d'une crédulité confondante. Pourquoi ? Parce que l'essentiel pour nous, ce n'est pas ce que dit notre interlocuteur mais le coefficient de crédibilité que nous lui affectons inconsciemment. Le résultat ? Le conditionnement de nos pensées.
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Il est toujours fascinant de voir comment le fait d'être innocent n'est en rien une garantie d'échapper au soupçon, à la culpabilité, voire à la condamnation. On peut pousser le paradoxe jusqu'à dire que cet état est parfois même un handicap. L'innocent se croit intouchable. Il pense que sa bonne foi se lit sur son visage.
La réalité est souvent plus incroyable que la fiction. Tout le monde, un jour, s'en aperçoit.
Que peut-on faire contre quelqu'un qui a décidé de commettre un acte gratuit, sans mobile apparent ? Admettons qu'une personne vous choisisse, vous, au hasard, et qu'elle décide de bouleverser votre existence. Rien ne lui sera plus facile. Chaque être qui croise notre route, même le plus insignifiant, tient notre destinée entre ses mains. Sans en avoir conscience, heureusement. Ce serait une pensée trop grisante.
Un journal intime est toujours lu comme le reflet sincère de la pensée de son auteur. C'est pourquoi cette forme d'écriture est particulièrement prisée par ceux qui ne veulent pas que l'on connaisse leurs pensés.
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Chaque phrase prononcée faisait de moi le suspect idéal. Le pire, c'est que je m'en rendais compte. Si j'avais dû me juger, je me serais condamné.
Au fond qu'est-ce qu'un moment d'humiliation dans une vie ? Qui s'en souviendra dans cinquante ans ?
Un journal intime n'est pas écrit pour soi mais pour un lecteur à venir, un homme ou une femme que l'on cherche à séduire ou à convaincre.
La caractéristique la plus remarquable du suspense, ce n'est pas le plaisir qu'il est susceptible de procurer, mais bien son potentiel de frustration. Il n'y a rien de plus désagréable pour un lecteur de roman qui a cherché sa voie dans le mystère que de devoir se satisfaire, lors du dénouement, d'une explication bancale qui tombe à plat.
Sur quoi repose la crédibilité d'un récit ? On lit souvent des romans pour de mauvaises raisons. On pense y trouver les aventures les plus délirantes, les émotions les plus fortes, les personnages les plus surprenants. Or un romancier est quelqu'un de bridé et d'inquiet, qui se heurte sans cesse à cette question terrible : Mon histoire est-elle crédible ? Et s'il se laisse un tant soit peu dominer par ce problème, il bornera ses ambitions, censurera ses idées, castrera son imagination.