La caractéristique la plus remarquable du suspense, ce n'est pas le plaisir qu'il est susceptible de procurer, mais bien son potentiel de frustration. Il n'y a rien de plus désagréable pour un lecteur de roman qui a cherché sa voie dans le mystère que de devoir se satisfaire, lors du dénouement, d'une explication bancale qui tombe à plat.

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Nous sommes tous d'une crédulité confondante. Pourquoi ? Parce que l'essentiel pour nous, ce n'est pas ce que dit notre interlocuteur mais le coefficient de crédibilité que nous lui affectons inconsciemment. Le résultat ? Le conditionnement de nos pensées.
Au fond qu'est-ce qu'un moment d'humiliation dans une vie ? Qui s'en souviendra dans cinquante ans ?
Le coupable utilise tout un éventail d'armes dont l'innocent ne soupçonne même pas l'efficacité. Il sait que la vérité n'existe pas, mais qu'elle s'invente et se travaille. Chaque coupable est le romancier de sa propre vie.
Un journal intime n'est pas écrit pour soi mais pour un lecteur à venir, un homme ou une femme que l'on cherche à séduire ou à convaincre.
Il est toujours fascinant de voir comment le fait d'être innocent n'est en rien une garantie d'échapper au soupçon, à la culpabilité, voire à la condamnation. On peut pousser le paradoxe jusqu'à dire que cet état est parfois même un handicap. L'innocent se croit intouchable. Il pense que sa bonne foi se lit sur son visage.
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Dans la même œuvre

Chaque phrase prononcée faisait de moi le suspect idéal. Le pire, c'est que je m'en rendais compte. Si j'avais dû me juger, je me serais condamné.
Au fond qu'est-ce qu'un moment d'humiliation dans une vie ? Qui s'en souviendra dans cinquante ans ?
Un journal intime n'est pas écrit pour soi mais pour un lecteur à venir, un homme ou une femme que l'on cherche à séduire ou à convaincre.
Nous sommes tous d'une crédulité confondante. Pourquoi ? Parce que l'essentiel pour nous, ce n'est pas ce que dit notre interlocuteur mais le coefficient de crédibilité que nous lui affectons inconsciemment. Le résultat ? Le conditionnement de nos pensées.
Sur quoi repose la crédibilité d'un récit ? On lit souvent des romans pour de mauvaises raisons. On pense y trouver les aventures les plus délirantes, les émotions les plus fortes, les personnages les plus surprenants. Or un romancier est quelqu'un de bridé et d'inquiet, qui se heurte sans cesse à cette question terrible : Mon histoire est-elle crédible ? Et s'il se laisse un tant soit peu dominer par ce problème, il bornera ses ambitions, censurera ses idées, castrera son imagination.