Mais qu'est ce que c'était l'ennemi ? Un train fonçant à toute allure sur la montagne. De l'acier assourdissant, des coups sourds. C'était ça l'ennemi. ça ne voulait rien dire.

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L'écho du coup de feu semblait graver l'air, semblait s'en aller et revenir, sans arrêt, comme un orage qui aurait tourné autour de la terre.
Un vent léger apporta l’odeur d’un chèvrefeuille, et soudain je fus accablé de solitude comme sous le hangar. Une solitude sans début et sans fin. Je la devais sûrement à la beauté de la clairière, de la lumière déclinante et du lointain vrombissement des avions.
J’étais aux côtés de Collins lorsque nous pénétrâmes dans le camp. Me voyant hésiter et ne plus rien faire de mon appareil, il me demanda des yeux pourquoi tandis que ses hommes s’avançaient entre les cadavres gris et parfois se signaient et se regardaient entre eux et cherchaient du regard Collins sans penser encore à enfiler un foulard contre l’odeur mais s’accroupissaient silencieux devant les mourants gris et nus et ils demeuraient là accroupis immobiles dans la lumière du soir et leurs lèvres ne bougeaient pas non plus et ils continuaient à chercher du regard Collins, leur colonel, qui ne trouvait pas un mot à leur dire n’en trouvant pas pour lui-même et soudain quelqu’un lança au-dessus du camp une fusée éclairante qui retomba en éclairant d’une même lumière rouge les morts et les vivants et personne à ce moment-là ne pensait que celui qui l’avait tirée avait perdu la tête, mais bien lancé volontairement une clameur rouge vers le ciel ou une prière et lorsqu’elle s’éteignit il y eut un silence encore plus profond .
La douleur qui les avait réveillés grandissait à l'intérieur d'eux comme un animal monstrueux.
Parce qu'il avait combattu dans les montagnes de Peleliu, Hisao Kikuchi ne supportait plus la soif. Son corps, son esprit, tout en lui désormais la craignait. A tout moment, elle prenait forme, elle était vivante.
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Dehors, le ciel était lumineux, il commençait à faire jour. Ciel d'automne, froid d'automne. Hisao se mit à courir le long des bâtiments. Lorsqu'il aperçut la route d'Aomori, il ralentit, passa sous les arbres en partie dénudés et commença dejà à se souvenir de Keisuke.
La douleur qui les avait réveillés grandissait à l'intérieur d'eux comme un animal monstrueux.
Parce qu'il avait combattu dans les montagnes de Peleliu, Hisao Kikuchi ne supportait plus la soif. Son corps, son esprit, tout en lui désormais la craignait. A tout moment, elle prenait forme, elle était vivante.
Un matin, comme ça, après s'être lavé des larmes de la nuit et avoir demandé au ciel où était son ami Takeshi, il avait baissé la tête et senti d'autres larmes lui monter. Revenu dans la maison, il prit son bol de thé, et, à travers la vapeur, il dit: « Où vont les âmes, madame Taïmaki ? »
A tout moment, elle prenait forme, elle était vivante. Elle était son ombre. La nuit, il voulait se lever et aller boire dans la cour, au filet d’eau qui tombait dans le tonneau. Mais comme c’était une ombre d’une grande force physique, elle l’empêchait de bouger. Elle restait assise sur lui. Alors il buvait en rêve, mais pour son malheur, c’est l’ombre qu’il abreuvait, et ainsi elle se renforçait, et jusqu’au matin appuyait sur lui comme un arbre mort.