Ma charmante, mon inoubliable ! Tant que les creux de mes bras se souviendront de toi, tant que tu seras encore sur mon épaule et sur mes lèvres, je serai avec toi. Je mettrai toutes mes larmes dans quelque chose qui soit digne de toi, et qui reste. J'inscrirai ton souvenir dans des images tendres, tendres, tristes à vous fendre le coeur. Je resterai ici jusqu'à ce que ce soit fait. Et ensuite je partirai moi aussi.

À lire aussi de Boris Pasternak

Plus clairement que jamais, il voyait maintenant que l'art, toujours et sans trêve, a deux préoccupations. Il médite inlassablement sur la mort et par là, inlassablement, il crée la vie.
Il faut être d'une irrémédiable nullité pour ne jouer qu'un seul rôle dans la vie, pour n'occuper qu'une seule et même place dans la société, pour signifier toujours la même chose
Il est toujours bon de voir quelqu'un tromper votre attente et différer de l'idée que vous vous faisiez de lui. L'appartenance à un type, c'est la mort de l'homme, sa condamnation. Si l'on ne peut le faire entrer dans aucune catégorie, s'il n'est pas représentatif, il possède déjà la moitié de ce qu'on est en droit d'exiger de lui : il s'est affranchi de lui même, il détient une parcelle d'immortalité.
Tu ne peux pas imaginer quel calice d'amertume a dû boire la malheureuse population juive pendant cette guerre que l'on fait justement dans les provinces de l'Ouest où les Juifs sont parqués. Et pour les dédommager de ces épreuves, de ces exactions et de ces ruines, on ne trouve rien de mieux que les pogromes, les sarcasmes, et on les accuse de manquer de patriotisme. Et d'où leur viendrait-il, ce patriotisme, alors qu'ils jouissent de tous les droits chez l'ennemi, tandis que chez nous, ils ne rencontrent que des persécutions ?
Adieu, mon grand, mon amour, adieu ma fierté, adieu ma rivière rapide et profonde. Comme j'aimais embrasser tes flots, comme j'aimais me jeter dans la fraîcheur de tes vagues !
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L'homme est né pour vivre et non pour se préparer à vivre.
Peut-être faut-il que parmi tous les personnages qui figurent dans une vie, il se trouve une force inconnue, un être presque symbolique qui vient à votre secours sans qu'on l'appelle.
De plus, souvenez-vous: jamais, en aucune circonstance, il ne faut désespérer. Espérer et agir, voila notre devoir dans le malheur. Un désespoir inactif, c'est le refus et l'oublie du devoir.
L'histoire était un deuxième univers, que l'homme, à l'aide des phénomènes du temps et de la mémoire, avait édifié en réponse au phénomène de la mort.
C'est que j'ai des relations et des protections dans tous les gouvernements, des pertes et des chagrins sous tous les régimes. Car c'est seulement dans la mauvaise littérature que les vivants sont divisés en deux camps et n'ont aucun point de contact. Dans la réalité, tout est tellement entremêlé ! Il faut être d'une irrémédiable nullité pour ne jouer qu'un seul rôle dans la vie, pour n'occuper qu'une seule et même place dans la société, pour signifier toujours la même chose