Sébastien m'avait acheté deux Raider, les anciens Twix. C'était incroyablement généreux. Deux Twix à treize ans, c'est un mois de salaire.
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Les mystères de ceux que l'on croise un instant dans la rue, dans le métro, dans une station-service ou dans le désert nous sont inaccessibles ; nos vies se croisent, se toisent, s'effleurent, la plupart du temps s'ignorent, nous mourons les uns pour les autres une seconde après la rencontre et chacun fait tous les jours l'expérience de ces milliers de deuils instantanés sans jamais verser une larme.
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On ne rend jamais assez hommage à ceux qui donnent.
On ne devrait peut-être pas trop s'approcher des choses qu'on imagine. On devrait les laisser au loin, intactes.
Les adultes font souvent mine de s'étonner du désespoir baroque des adolescents, mais cet étonnement est un leurre, ils n'y croient pas eux-mêmes ; au fond, ils savent très bien à quel point c'est compliqué de se relever quand on tombe de son enfance.
Pour clore les bans, j'ai choisi la pire phrase de l'Univers, la pire excuse, et en plus j'en suis fier, je ne me rends pas compte, je ne me rends compte de rien : « Je t'aime trop pour rester avec toi sans plus t'aimer vraiment. » Je mériterais la prison pour cette phrase. Des coups de fouet. Le rouet. Le pilori. L'écartèlement.
Dans la même œuvre
On ne peut pas se coucher tous les soirs en se disant que c'est le dernier. On ne peut pas vivre chaque instant comme si on allait mourir dans l'heure suivante. C'est un idéal de cinéma, de littérature ou d'adolescent. Ce n'est pas la vie. La vie est fatigante. Il faut aller se coucher.
Les hommes tombent parfois de la toile qu'ils ont passé leur vie à tisser et, dans leur chute, agissent exactement contre ce qu'ils sont.