Les livres sont des bougies allumées que nous rapprochons de notre visage. La cire brûlante des mots coulant sur l'âme la tire du mortifère sommeil du monde.

À lire aussi de Christian Bobin

Mon pays fait vingt et un centimètres de large, sur vingt-neuf de long: une feuille de papier blanc.
Selon Giacometti, au musée, les gens sont bien plus extraordinaires que les tableaux qu'ils admirent.
Quand ils voient un miracle la plupart ferment les yeux.
L'art suprême, ce qui manque à tant de petits maîtres, c'est de savoir donner sa langue au chat.
Il y a parfois entre deux personnes un lien si profond qu'il continue à vivre même quand l'un des deux ne sait plus voir.
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Dans la même œuvre

Ecrire comme on taille une branche pour en extraire la flèche qu'elle promettait.
Il y a toujours dans un livre même mauvais, une phrase qui bondit au visage du lecteur comme si elle n'attendait que lui.
L'art de vivre consiste à garder intact le sentiment de la vie et à ne jamais déserter le point d'émerveillement et de sidération qui seul permet à l'âme de voir.
Deux sortes de paradis: venir en aide à quelqu'un et lire un livre.
Savoir vraiment quelque chose c'est savoir comme les nouveaux-nés et les vieillards, que nous baignons dans une lumière d'ignorance.