Nous distillons le temps pour nous affranchir de l'espace.
❧
Les hommes passent des heures devant des écrans. Pour les gouvernements, quelle aubaine ! Si j'étais président, je m'emploierais à ce qu'il y ait la 5G partout. Car l'oeil rivé sur l'écran, on ne descend pas dans la rue pour la jacquerie.
◆
À lire aussi de Sylvain Tesson
Deux phares trop proches risquent d'emmêler leurs pinceaux.
La nuit est le pompier des incendies du ciel.
Les serpents pratiquent la danse du ventre.
Le printemps devrait nous faire comprendre une bonne fois pour toutes que rien n'est jamais perdu.
Dans la même œuvre
On peut opposer deux stratégies au temps. Celle du moustique qui s'offre une orgie de sang et de lumière ou bien celle de la tortue à la longévité sacrificielle. L'homme pourrait choisir une voie médiane, alternant accélérations et pauses létales. Mais depuis que nous sommes gouvernés par les machines, c'est l'accélération qui prime. Avec la massification et la numérisation, elle est le fait social de notre temps.
Phénomène inédit, l'accélération est un outil de communication. Quand un événement survient, plutôt que de nous retirer dans une grotte pour l'analyser, on expulse un commentaire.
Je crois que je suis technophobe et j'en profite tant que ce n'est pas encore un délit d'opinion ! Cela viendra.
Au fur et à mesure que le monde se dégrade autour de nous, que les bêtes disparaissent et que les sols s'assèchent, les religions monothéistes comme les espoirs du sauvetage technologique gagnent en faveur.
Le technicisme est un messianisme. « Frères humains ! Continuons à saloper le monde réel, bientôt les puces au silicium nous sauveront et sinon, nous aurons toujours le paradis avec angelots potelés et vierges en rut ! »