Les croyances religieuses sont comme les vieilles dents : cela branle, mais cela tient.

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C'est nous, libres penseurs, qui sommes les désintéressés, les généreux ; nous faisons de la vertu pour rien. Nous ne la vendrions pas, dût-elle même nous être payée en monnaie de paradis.
La vue des choses ne donne pas des idées ; elle les éveille. Pour que celles-ci surgissent dans notre esprit, il faut qu'elles y existent déjà.
Chez toute femme, je ne dirai pas galante, mais simplement coquette, le sens moral est, sinon tout à fait éteint, du moins fortement altéré. Il y a déjà en elle comme une ébauche de courtisane.
Musset pèche par la composition. Ses poésies sont décousues ; on les dirait faites de pièces et de morceaux. Mais quels morceaux ! C'est du cristal, de l'or, du diamant, ou plutôt c'est un métal à lui et sorti de ses entrailles, fluide, transparent, brûlant :
Ce que l'homme aurait de mieux à faire, ce serait de prendre au pied de la lettre cette métaphore usée : « La vie est un rêve. » Donner de l'importance à ce rêve, c'est vouloir qu'il dégénère en cauchemar.
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Combien le coeur de l'homme est insuffisant ! Il se refuse à la continuité des plus justes douleurs ; un long amour finit par le lasser ; il faut qu'il se repose ou qu'il change.
Il est étrange que, parfaitement certains de la brièveté de la vie, nous prenions tant à coeur les intérêts qui s'y rapportent. Quelle est cette activité, ce mouvement, à l'entour de places et de richesses dont nous aurons si peu de temps à jouir ? Et ces pleurs sur des morts chéris que nous irons rejoindre demain ? L'homme sait tout cela, et cependant il s'agite, il s'inquiète, il s'afflige, comme si la fin de ces empressements et de ces larmes n'était pas prochaine, et nulle philosophie ne peut lui donner sur toutes choses l'indifférence qui convient à un condamné à mort sans espoir ni recours.
Il y a chez chacun de nous, surtout dans la jeunesse, quelque chose qui chante. La plupart des hommes ne se rendent pas compte de cette musique vague et fugitive ; le poète seul arrête au passage les divins accents.
L'adoucissement des moeurs se manifeste par le mouvement actuel contre la peine de mort. Il existe une répugnance croissante contre cet acte de cruauté sociale. Et la peine de l'enfer, qu'en disent messieurs les dévots ? Il me semble que leur Dieu, tout bon Dieu qu'il est, devrait bien venir prendre chez nous des leçons d'humanité.
Il en est de certains points culminants de notre vie comme des hautes montagnes : quelle que soit la distance qui nous en sépare, ils nous paraissent toujours proches.