Les autres voient notre présence, nos gestes, la façon dont les mots se forment sur nos lèvres ; seuls, nous voyons notre vie. Cela est étrange : nous la voyons, nous nous étonnons qu'elle soit ainsi, et nous ne pouvons la changer. Même lorsque nous la jugeons, nous lui appartenons encore ; notre approbation ou notre blâme en fait partie ; c'est toujours elle qui se reflète elle-même. Car il n'y a rien d'autre ; le monde, pour chacun de nous, n'existe que dans la mesure où il confine à notre vie.

À lire aussi de Marguerite Yourcenar

Je sais que je ne sais pas ce que je ne sais pas.
La mémoire de la plupart des hommes est un cimetière abandonné, où gisent sans honneurs des morts qu'ils ont cessé de chérir. Toute douleur prolongée insulte à leur oubli.
Rien n'est plus lent que la véritable naissance d'un homme.
Peut-être n'est-il dans nos mains qu'une petite flamme qu'il dépend de nous d'alimenter et de ne pas laisser éteindre peut-être sommes-nous la pointe la plus avancée à laquelle Il parvienne...
Mais j'ai aimé Oreste de cet amour fort et niais, maladroit et fou, qui fait que les pleurs d'un enfant sont une musique et qu'on ne sent pas l'odeur des langes.
Toutes les citations de Marguerite Yourcenar →

Dans la même œuvre

Tout bonheur est une innocence.
Avoir du mérite à s'abstenir d'une faute, c'est une façon d'être coupable.
Il n'est pas difficile de nourrir des pensées admirables lorsque les étoiles sont présentes.
Nos défauts sont parfois les meilleurs adversaires que nous opposions à nos vices.
On ne doit plus craindre les mots lorsqu'on a consenti aux choses.