Elle pense au temps rêvé, haï, lointain, en même temps qu'attendu, où elle se trahira. Où elle sera une femme qui n'aura plus l'horreur des robes et qui ne sera plus soumise à aucune autre autorité que la sienne, qui disposera librement de son corps. Et celui encore plus lointain où elle n'aura plus l'angoisse de plaire, la délivrance, cet âge où la beauté n'aura plus aucune importance.
❧
Le seul manque que j’avais vraiment pu ressentir fortement, c’est le manque d’amour à me donner, à m’offrir à moi-même. Et avec lui, l’incapacité à accueillir l’amour des autres. Comme une déconnexion d’avec la vie, quelque part.
◆
À lire aussi de Emmanuelle Richard
Accepter et croire que l'on peut aimer sans désirer a été, et est toujours, très difficile pour moi.
Quand je pense que ce sont ces gens, tous propriétaires, qui ne connaissent pas le prix du pain, n'ont aucune idée de ce que c'est que la fatigue économique et l'usure, de ce que c'est de travailler tout le temps pour parvenir à être seulement précaire, qui dirigent le pays.
L'art remplit la vie, parce que la vie ne suffit pas.
J'ai toujours éprouvé l'amour absolu de la marge, de tout ce qui peut y ressembler de près ou de loin du moment qu'il s'agit de caractères s'élevant en contre.
Dans la même œuvre
Nous avons besoin d’être des sujets avant tout. Il nous faut être maîtres de nous-mêmes, en possession de nos moyens, de notre pouvoir de décision pour accepter ce qui s’offre à nous.
Accepter et croire que l'on peut aimer sans désirer a été, et est toujours, très difficile pour moi.
Faire le choix délibéré d'être seule a marqué un tournant radical dans ma façon d'être au monde, à moi même et aux autres. Apprendre que je pouvais être très contente toute seule, sans m'inscrire dans une dynamique de recherche ou d'attente de partenaire potentiel, un mouvement amoureux au moins par la nécessité d'avoir quelqu'un à qui penser pour me sentir vivante, a été la plus grande prise de pouvoir que j'ai connue jusque là.
À vingt ans, dans ma génération, beaucoup d'entre nous vivaient dans l'angoisse d'avoir oublié des poils et de lui déplaire, à l'Homme, au Garçon. Peur de ne pas être validées. À trente, c'était fini, celui qui nous ferait encore chier ce serait la porte et basta.