Le sens du sacré s'exprime surtout par la prière. La prière, comme le sens du sacré, est, de toute évidence, un phénomène spirituel. Or, le monde spirituel se trouve hors de l'atteinte de nos techniques. Comment donc acquérir une connaissance positive de la prière? Le domaine de la science comprend heureusement la totalité de l'observable. Et il peut, par l'intermédiaire du physiologique, s'étendre jusqu'aux manifestations du spirituel. C'est donc par l'observation systématique de l'homme qui prie que nous apprendrons en quoi consistent le phénomène de la prière, la technique de sa production et ses effets.

À lire aussi de Alexis Carrel

Le faible d'esprit et l'homme de génie ne doivent pas être égaux devant la loi.
Et quand ils prêchent la nécessité de l'amour du prochain, ils oublient toujours que le devoir de chacun est, non seulement d'aimer les autres, mais encore et surtout de se rendre soi-même digne d'être aimé par les autres.
La stupidité et la tristesse de la civilisation présente sont dues, au moins en partie, à la suppression des formes élémentaires de la jouissance esthétique dans la vie quotidienne.
Il faut plus d'imagination, de jugement, et d'intelligence pour devenir un grand médecin que pour devenir un grand chimiste.
L'adhésion de notre esprit à un système quelconque change l'aspect et la signification des phénomènes observés par nous. De tous temps, l'humanité s'est contemplée à travers des verres colorés par des doctrines, des croyances et des illusions.
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Quelque étrange que la chose puisse paraître, nous devons considérer comme vrai que quiconque demande reçoit, et qu'on ouvre à celui qui frappe.
La prière représente l'effort de l'homme pour communier avec un être invisible, créateur de tout ce qui existe, suprême sagesse, force et beauté, père et sauveur de chacun de nous.
L'esprit est à la fois raison et sentiment. Il nous faut donc aimer la beauté de la science et aussi la beauté de Dieu. Nous devons écouter Pascal avec autant de ferveur que nous écoutons Descartes.
À nous, hommes d'Occident, la raison semble très supérieure à l'intuition. Nous préférons de beaucoup l'intelligence aux sentiments. La science rayonne tandis que la religion s'éteint. Nous suivons Descartes, et délaissons Pascal.
Nous suivons Descartes, et délaissons Pascal. Aussi cherchons-nous d'abord à développer en nous l'intelligence. Quant aux activités non intellectuelles de l'esprit, telles que le sens moral, le sens du beau et surtout le sens du sacré, elles sont négligées de façon presque complète. L'atrophie de ces activités fondamentales fait de l'homme moderne un être spirituellement aveugle. Une telle infirmité ne lui permet pas d'être un bon élément constitutif de la société. C'est à la mauvaise qualité de l'individu qu'il faut attribuer l'effondrement de notre civilisation. En fait, le spirituel se montre aussi indispensable à la réussite de la vie que l'intellectuel et le matériel. Il est donc urgent de ressusciter en nous-mêmes les activités mentales qui, beaucoup plus que l'intelligence, donnent sa force à la personnalité. La plus ignorée d'entre elles est le sens du sacré, ou sens religieux.