Comment peut-on se prendre au sérieux quand l'existence est si éphémère et qu'elle ne cesse de courir vers sa fin ?
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Le poème apparaît souvent comme un éboulis de mots, dépourvus de sens pour l'oeil non exercé.
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À lire aussi de Andrée Chedid
Si Dieu existe, reprit tranquillement l'enfant, il nous aime tous. Il a créé le monde, l'univers et les hommes. Il écoute toutes nos voix.
Omar-Jo filtra l'eau avec ses doigts pour qu'elle s'écoule en pluie fine, en caresses, sur les deux noms entrelacés.
A force de frayer - Avec toutes nos paroles - A force de voisiner - Avec nos sombres passions - A force de s'effriter - Sur les corps de passage - L'amour a-t-il perdu - Innocence et plaisir?
Parcourir l'Arbre - Se lier aux jardins Se mêler aux forêts - Plonger au fond des terres - Pour renaître de l'argile\r\n - \r\nPeu à peu - S'affranchir des sols et des racines - Gravir lentement le fût - Envahir la charpente Se greffer aux branchages\r\n - \r\nPuis dans un éclat de feuilles\r\n - \r\n Embrasser l'espace Résister aux orages - Déchiffrer les soleils - Affronter jour et nuit
Dans la même œuvre
L'amour est toute la vie , il est vain de prétendre qu'il y a d'autres équilibres. Le dénué d'amour trace partout des cercles dont le centre n'est pas.
Nous ne donnons rien au poème qu'il ne nous rende au centuple. Nous croyons le faire ; c'est lui qui, secrètement, nous fait.
Si la poésie n'a pas bouleversé notre vie, c'est qu'elle ne nous est rien. Apaisante ou traumatisante, elle doit marquer de son signe ; autrement, nous n'en avons connu que l'imposture.