Le milieu scolaire demeure l'endroit privilégié où l'enfant construit sa personnalité propre et son identité sociale. C'est le plus souvent à l'école que l'enfant se cherche en faisant l'expérience de ses relations avec les autres : est-il le dernier à être choisi au sein de l'équipe de ballon-chasseur ? a-t-il du succès lors de l'élection du représentant de classe ? est-ce que les autres rient quand il leur fait une grimace ? se moque-t-on de lui à la récréation ? Voilà autant de questions essentielles dont les réponses enseigneront peu à peu à l'enfant qui il est. Est-il populaire, aimable, admiré ? Modérément marginal, différent ou handicapé ? Un peu trop gros, un peu trop laid, boutonneux ou niaiseux ? Rien de tout cela n'est simple ni facile pour personne. L'écolier affronte l'apprentissage de la vie en société. Cela aussi, on le sait très bien.

À lire aussi de Bernard Arcand

Il faut d'abord être convaincu que l'argent importe beaucoup pour arriver à croire que perdre son temps constitue un appauvrissement.
Une porte constitue toujours une sorte de frontière et Raymond Devos a raison de dire que nos passeports sont toujours des passe-portes
Si le battement d'aile d'un papillon peut déclencher un ouragan à l'autre bout de la planète, il vaudrait mieux se retenir et ne plus jamais éternuer.
Car la fidélité est une machine à arrêter le temps. Elle a pour effet d'identifier clairement le durable et de distinguer, à travers tout le chaos de la vie quotidienne, ce qui pourra résister à tout. Ainsi on comprend pourquoi les humains ont inventé la notion d'éternité : pour se convaincre que la fidélité était pensable.
Par définition, la porte représente une censure et, comme n'importe quel secret, le huis clos fascine.
Toutes les citations de Bernard Arcand →

Dans la même œuvre

Car une photo a toujours pour effet de fixer le temps sur une pellicule, où certains craignent de faire l'impitoyable découverte du temps perdu.
Comme si la parole ne suffisait plus aux hommes de peu de foi, il faut désormais le voir en photo pour le croire. On était certain, autrefois, parce que c'était écrit « noir sur blanc » dans un journal, on dit maintenant : « Je l'ai vu à la télévision. »
Dans nos sociétés avancées, les vedettes qui distribuent leur photo se montrent généreuses et font plaisir aux admirateurs en leur offrant une partie d'elles-mêmes. Les vedettes et leurs admirateurs conçoivent la photo comme une forme sophistiquée de don. Une conception qu'ils partagent avec les primitifs. La puissance de la photographie et de la pensée sauvage n'a jamais été démentie.
Photographier une personne, c'est affirmer qu'elle nous intéresse.
Devant votre porte, un gazon trop long sera interprété comme un signe de négligence, l'indice d'une surcharge de travail, d'une maladie passagère ou d'un deuil familial. Pis encore, une preuve de paresse. La pelouse est un véritable champ du signe.