Quand on est à la baille dans l'Atlantique Nord, on n'a même pas le temps de réciter une prière: on meurt de froid presque instantanément. J'aime bien la vie et je n'ai aucune envie de périr bêtement. C'est pourquoi le cordage que j'ai capelé autour de ma taille est solide.
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Le marin éjecté est un marin qui a manqué de concentration. Un vieux dicton dit: « Une main pour l'homme, une main pour le bateau. » Il dit juste. Au cours d'une manœuvre ou d'un déplacement sur le pont, on doit toujours veiller à avoir une prise à sa portée, parce qu'il est presque impossible qu'un paquet de mer puisse la faire lâcher.
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Les harnais de sécurité ne m'inspirent guère confiance. Lorsque l'on doit manœuvrer, surtout en solitaire, ils sont gênants. On doit aller de l'avant à l'arrière et dans ce cas, le filin de sécurité qui glisse dans la filière, cela crée d'innombrables occasions de s'emmêler les pieds et de trébucher.
Pour en terminer avec mes « silences », j'avoue qu'il m'est difficile de répondre à des questions banales sinon idiotes. L'exemple typique est quand, au retour d'une course, on me demande: « Alors, content d'être premier ? » Que dire d'autre que: « Oui » ? Je ne connais pas de vainqueur que la victoire ait mis d'humeur chagrine.
Il est rare que je m'abandonne à l'émotion, au lyrisme. Cela m'est arrivé cependant une fois. J'étais dans mon bureau aux murs lambrissés et je voyais, en contrebas, le mât de Pen Duick. Alors j'ai écrit:
C'est pataud, un homme, quand il est ému, il ne sait pas exprimer ses sentiments, par pudeur virile.
Dans la même œuvre
C'est pataud, un homme, quand il est ému, il ne sait pas exprimer ses sentiments, par pudeur virile.
Je ne connais pas de vainqueur que la victoire ait mis d'humeur chagrine.
La chance peut prendre la forme d'un homme qui peut changer un destin.
La confiance est un élément majeur: sans elle, aucun projet n'aboutit.
La vie est faite d'espérance.