Le double comme la morale sont deux façons de nier la réalité ou de nier le tragique. Ce sont deux aspects d'un même problème. Le double, c'est l'illusion. A chaque fois que la réalité est indésirable, l'homme a une imagination extraordinairement fertile qui lui fait créer un double qui est comme un rideau qui masque ce que le réel a d'intolérable, d'indigeste, de cru.

À lire aussi de Clément Rosset

Il y a des domaines où il n'y aura jamais de progrès: l'homme sera toujours mortel, il sera toujours soumis à la maladie. Quant au progrès historique, c'est-à-dire la diminution de la violence, je ne le nie pas tout à fait mais j'aurai un peu la prudence de Kant sur ce point: les choses n'iront pas vite
Ce «qui» en vous refoule est beaucoup plus angoissant que ce «que» vous refoulez.
La philosophie est donc l'amour de la vie quand même, de sorte que je dis ce qu'ont dit tous les bons philosophes: pour les mêmes raisons que Montaigne intitule un chapitre " que philosopher c'est apprendre à mourir ", il est tout aussi vrai que philosopher c'est apprendre à vivre. La philosophie, c'est le savoir-vivre dans tous les sens du terme.
L'ombre, le reflet et l'écho sont les attributs obligés de tout objet réel, quelle qu'en soit la nature; s'ils viennent à manquer, ... ils déboutent par leur absence n'importe quel objet d'une prétention à la réalité.
Sois ami du présent qui passe : le futur et le passé te seront donnés par surcroît
Toutes les citations de Clément Rosset →

Dans la même œuvre

Je pense en effet qu'il y a une alliance possible entre la lucidité - la vie est absurde, ridicule - et la joie. Car être heureux, c'est toujours être heureux malgré tout
Être heureux, c'est toujours être heureux malgré tout
La morale a toujours été une manière de dire ce qui doit être et ce qui ne doit pas être, et de se moquer de ce qui est.