Le désert est une fantastique leçon de modernité. D'abord parce qu'il n'y a personne, et les seuls individus que l'on croise ne laissent entrevoir que leurs yeux. Et très vite, on est loin des gens: à quatre mètres, les gens sont loin. L'environnement inclut la distance. L'environnement est à égalité avec l'homme. L'homme est peut-être même plus petit. C'est un élément de l'environnement au même titre qu'un arbre ou une pierre. L'homme n'est pas prédominant ou dominateur.

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La solitude est très présente dans la vie du photographe. Il faut aimer la solitude pour être photographe.
Il y a plusieurs manières d'être dans le présent. Voyager, aimer une femme, partager des choses très fortes, cela oblige à vivre dans le présent.
J'ai peur de beaucoup de choses. J'ai peur de la solitude et j'ai peur aussi de décevoir, j'ai peur de mal aimer ou d'aimer mal. J'ai peur de toucher la main d'une jeune femme, j'ai peur de l'embrasser, j'ai peur de faire l'amour avec elle, j'ai peur de faire une photo de guerre, j'ai peur aussi des mots quelquefois.
Dans un voyage, on évolue, on change, on se transforme. Et souvent, on rentre et tout est annulé par le retour.
L'errance n'est ni le voyage ni la promenade mais cette expérience du monde qui renvoie à une question essentielle : qu'est-ce que je fais là ? Pourquoi ici plutôt qu'ailleurs ? Comment vivre le plus longtemps possible dans le présent, c'est-à-dire être heureux ? Comment se regarder, s'accepter ? Qu'est-ce que je suis, qu'est-ce que je vaux, quel est mon regard ?
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Dans la même œuvre

On va aussi dans le désert pour marcher, pour la philosophie, pour l'espace. Il y a tellement de déserts. On peut se sentir seul, se retrouver.
L'errance n'est ni le voyage ni la promenade mais cette expérience du monde qui renvoie à une question essentielle : qu'est-ce que je fais là ? Pourquoi ici plutôt qu'ailleurs ? Comment vivre le plus longtemps possible dans le présent, c'est-à-dire être heureux ? Comment se regarder, s'accepter ? Qu'est-ce que je suis, qu'est-ce que je vaux, quel est mon regard ?
Le fou et le photographe sont quand même assez proche. C'est quand même un peu une folie de faire sa valise, d'emporter des films vierges, un appareil, de prendre un avion, de côtoyer des hommes d'affaires ou des gens qui voyagent pour des raisons sentimentales.
Cette solitude est nécessaire pour le regard. Je dis souvent que je suis comme un petit garçon en voyage, dans ma solitude de voyageur.
Dans un voyage, on évolue, on change, on se transforme. Et souvent, on rentre et tout est annulé par le retour.