Ecrire, c'est se découvrir hémophile, saigner de l'encre à la première écorchure, perdre ce qu'on est au profit de ce qu'on voit.
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Le coeur est un travailleur solaire. Le courage n'est pas de peindre cette vie comme un enfer puisqu'elle en est si souvent un: c'est de la voir telle et de maintenir malgré tout l'espoir du paradis.
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À lire aussi de Christian Bobin
Le plus grand abandon est à l'orée de la plus vive douceur: c'est ce que disait la croix, comme un ange couché sur le cercueil.
... tout se donne à voir, sur le ciel d'un visage.
Celui qui donne la mort, c'est qu'il est déjà mort. Celui qui tue, c'est par manque d'air.
... écrire c'est ne rien oublier de ce que le monde oublie.
Dans la même œuvre
L'autisme est un soleil inversé: ses rayons sont dirigés vers l'intérieur.
Tous les bébés naissent en temps de guerre et dans des villes en ruine. Sitôt qu'on naît, on reçoit les éboulis de la vie.
Ecrire et voir, c'est pareil, et pour voir, il faut de la lumière. Le paradoxe, c'est qu'on peut trouver de la lumière dans le noir de l'encre.
Le paradis, c'est peut-être être sans défense sans se sentir menacé.
Je rêve de nommer la rose avec la langue qui est la sienne, et pas seulement avec les mots courants.