La vie est un cadeau dont je défais les ficelles chaque matin, au réveil.

À lire aussi de Christian Bobin

L'ennui c'est de l'amour qui s'apprête en silence.
Ecrire comme on taille une branche pour en extraire la flèche qu'elle promettait.
Vivre, c'est une poussière d'or au bout des doigts, une chanson bleue aux lèvres d'une nourrice, le livre du clavier tempéré de Bach qui s'ouvre à l'envers et toutes les notes qui roulent comme des billes dans la chambre.
Rien dans cette vie n'est vain. Rien dans cette vie ne dépend de nous. Cette vie nous est donnée, et avec elle nous est donnée bien plus que ce qui nous sera repris le jour de notre mort.
On peut s'éprendre d'une femme pour une manière de ramener ses cheveux sur sa nuque, pour la négligence dans sa voix, ou la lumière sur ses mains. Pour une raison aussi simple, on abandonne le tout de sa vie.
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Dans la même œuvre

Que deviennent les choses que personne ne voit? Elles grandissent. Tout ce qui grandit grandit dans l'invisible et prend, avec le temps, de plus en plus de force, de plus en plus de place.
Le chagrin est une soupe au sel.
Peut-être le meilleur de nous-mêmes ne nous appartient-il pas, peut-être ne sommes-nous que les gardiens d'une chose qui, lorsque nous disparaissons, demeure.
C'est une vieille loi du monde, une loi écrite : celui qui a quelque chose en plus a, dans le même temps, quelque chose en moins.
Le malheur c'est que, si vous réussissez à attraper un solitaire, vous le perdez : il n'est plus seul.