Je voudrais bien richement jaunissant - En pluie d'or goutte à goutte descendre - Dans le beau sein de ma belle Casandre, - Lors qu'en ses yeux le somme va glissant.
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La rose et moi différons d'une chose : - Un soleil voit naître et mourir la rose, - Mille soleils ont vu naître m'amour, - Dont l'action jamais ne se repose. - Que plût à Dieu que telle amour enclose, - Comme une fleur, ne m'eût duré qu'un jour.
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La matière demeure et la forme se perd!
Il prend de ses façons, il imite et veut-être - Son disciple, et toujours pour exemple l'avoir, - Et se former en lui ainsi qu'en un miroir.
Ayant, comme j'ai fait, pratiqué la misère - De cette pauvre vie, et les maux journaliers - Qui sont des coeurs humains compagnons familiers.
D'un gosier masche-laurier - J'oy crier - Dans Lycofron ma Cassandre, - Qui prophetize aux Troyens - Les moyens - Qui les reduiront en cendre.
Dans la même œuvre
Prez, boutons, fleurs et herbes rousoyantes, - Vallons bossus et plages blondoyantes - Et vous rochers, les hostes de mes vers.
Un Prométhée en passion je suis, - Et pour aimer perdant toute puissance, - Ne pouvant rien je fais ce que je puis.
Prends cette rose aimable comme toi, - Qui sers de rose aux roses les plus belles, - Qui sers de fleur aux fleurs les plus nouvelles, - Dont la senteur me ravit tout de moi.
Prends cette rose, et ensemble reçoi - Dedans ton sein mon coeur qui n'a point d'ailes : - Il est constant, et cent plaies cruelles - N'ont empêché qu'il ne gardât sa foi.