Toute doctrine crée son opposition. Là où il y a beaucoup de saints, il y a forcément beaucoup de pêcheurs !
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La philosophie comme l’art accordent davantage d'importance aux questions qu'aux réponses.
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En outre, même si sa vie en dépendait, elle ne pouvait pas se faire aux réactions hostiles à la lecture. Dans divers coins du monde, on est ce qu'on dit et ce qu'on fait, mais aussi ce qu'on lit; en Turquie, comme dans tous les pays hantés par les problèmes d'identité, on se définit, d'abord, par ce qu'on rejette. Apparemment, plus les gens s'en prenaient à un auteur, moins ils avaient lu ses livres.
Il n'y a en vérité qu'une seule terre natale, perpétuelle et portable. Le pays des histoires.
Je ne suis pas un de ces personnages pieux qui passent toute leur vie penchés sur des tapis de prière tandis que leurs yeux et leur coeur restent fermés au monde qui les entoure. Ils ne lisent le Coran qu'en surface. Je le lis dans les fleurs en bouton, dans les oiseaux migrateurs. Je lis le Coran qui respire, caché dans les êtres humains.
Chacun de nous est une oeuvre d'art incomplète qui s'efforce de s'achever.
Dans la même œuvre
L'amour est un filtre qui rapproche ce qui est lointain et rend possible l'impossible, qui nous rappelle une par une nos bravades et nous fait ravaler nos grandes théories.
Une règle est restée inchangée jusqu'à nos jours : les écrivains masculins sont avant tout perçus comme des écrivains, ensuite comme des hommes. Quant aux femmes écrivains, elles sont d'abord femmes, puis écrivains.
L'ignorance est contagieuse. C'est comme une épidémie. Une fois qu'elle est entrée dans ton corps, elle s'y propage aussi rapidement qu'un virus. Il n'y a qu'un seul vaccin pour l'enrayer: les livres !
L'amour est un philtre qui rapproche ce qui est lointain et rend possible l'impossible. Un philtre qui, en une seule prise, nous fait adorer ce que nous avons abhorré, nous rappelle une par une nos bravades et nous fait ravaler nos grandes théories, qui nous ébranle dès qu'il nous saisit au poignet et ne lâche plus prise dès lors qu'il nous tient.
Une phrase d’Anaïs Nin me revient à l’esprit: « Une vie ordinaire ne m’attire pas. » (…) Elle mena une vie désordonnée et eut toujours plusieurs relations en même temps. Son mari était au courant et fermait les yeux. « La largesse ou l’étroitesse de notre existence dépend de l’audace que nous avons », disait-il. Mais pourquoi est-ce que nous recherchons, pourquoi est-ce que je recherche toujours « la largesse de l’existence » à l’extérieur ? Pourquoi suis-je persuadée que la vie devient étriquée lorsqu’elle prend un tour domestique, apprivoisé, et qu’elle est plus vaste lorsqu’elle est chaotique et tournée vers l’extérieur ? Est-ce réellement ainsi ?