Il déroule le mektoub dans le sens inverse à celui que lui prêtait son père : il ne s'agit plus de déchiffrer pas à pas un destin déjà écrit au ciel mais d'écrire le présent comme une histoire que les siècles futurs sauront lire.
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La littérature est une forme de plaisir poussée à son raffinement le plus extrême par des écrivains que le rapport habituel au langage ne satisfait plus.
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À lire aussi de Alice Zeniter
Le langage joue une part importante. Les combattants du FLN par exemple, sont appelés tour à tour fellaghas et moudjahidines. Fellag, c'est le bandit de grand chemin, le coupeur de route, l'arpenteur des mauvaises voies, le casseur de têtes. Moudjahid, en revanche, c'est le soldat de la guerre sainte. Appeler ces hommes des fellaghas, ou des fellouzes, ou des fel, c'est — au détour d'un mot — les présenter comme des nuisances et estimer naturel de se défendre contre eux. Les qualifier de moudjahidines, c'est en faire des héros.
Des Flandres jusqu'au Congo, répète avec application Annie à son père au moment du dîner, partout la loi s'impose et cette loi est française.
Dans l’art de perdre il n’est pas dur de passer maître, tant de choses semblent si pleines d’envie d’être perdues que leur perte n’est pas un désastre.
Il reprend le récit de sa vie là où il l'avait laissé la dernière fois, comme si c'était un livre dont il avait marqué la page et qu'il avait glissé sous la table basse jusqu'à ce qu'elle revienne et qu'il puisse l'ouvrir, sans effort, au bon endroit.
Dans la même œuvre
Ils se mouvaient sur la piste avec toute la gêne de ceux qui n'habitent pas leur corps.
Ce qui fait tenir une maison, ce ne sont pas les pierres, la maçonnerie. C'est la présence humaine à l'intérieur.
Ils avaient réalisé que leur voyage n'avait pas de destination : ils étaient leur propre destination.
L'amour, ce n'est pas la fusion, la dissolution d'une âme dans une autre ou je ne sais quoi. C'est simplement un moyen de tromper nos solitudes. On demande à quelqu'un d'être le témoin de notre vie et on accepte en échange d'être témoin de la sienne. C'est comme les enfants qui font de la balançoire... La balançoire, c'est toujours plus drôle quand quelqu'un voit à quel point on monte haut. Peut-être même que ce n'est drôle que si quelqu'un nous regarde nous amuser. La vie, c'est pareil.
L'amour, ce n'est pas la fusion, la dissolution d'une âme dans une autre ou je ne sais quoi. C'est simplement un moyen de tromper nos solitudes.